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KINOLU : Abraham Lincoln chasseur de vampires

« 80 miles qui décideront si cette nation appartiendra aux vivants, ou aux morts. »

Contextualisation

Couverture du livre Abraham Lincoln chasseur de vampires édition EclipseEn 2010 (2011 en France), sort le livre d’horreur Abraham Lincoln chasseur de vampires. Ce livre, écrit par Seth Grahame-Smith, est une biographie fictive de 16e Président des États-Unis d’Amérique dans laquelle il « fut aussi un mari, un avocat, un Président, je me verrai toujours comme un homme qui combattit les ténèbres ». En effet, dans ce roman d’horreur, Abe (pseudonyme du président dans l’histoire) accepte la lourde tâche de combattre les vampires, coupables du décès de sa mère.

En 2012, le réalisateur Timour Bekmambetov crée un film basé sur le l’histoire de Grahame-Smith. Avec l’aide de la 20th Century Fox et de Tim Burton, le réalisateur de Ben-Hur (sorti en 2016) sort son huitième film le 21 Juin 2012. Le film est produit par Tim Burton et Jim Lemley. Il est amusant de noter ici que Tim Burton fut intéressé par la production de ce film avant même que le livre dont il est tiré ne soit officiellement publié. C'est également pour cette raison que l'auteur fut très rapidement contacté pour faire parti des scénaristes. Ce dernier s'amusera plus tard en disant qu'il devait écrire un livre en sachant qu'il allait par la suite écrire le film sur le livre qui n'était pas encore fini d'écrire.

Cette année, les salles de cinéma se remplissent régulièrement avec les sorties de Django Unchained (par Quentin Tarantino), Lincoln (de Steven Spielberg), The Avengers (par Joss Whedon), le premier épisode de Ted  par l'homme à tout faire Seth MacFarlane ou encore la fin de la saga des Batman de Christopher Nolan : The Dark Night Rises.

Le film

Affiche du film Abraham Lincoln chasseur de vampiresLorsqu'Abraham Lincoln découvre que des vampires assoiffés de sang se préparent à envahir le pays, il jure de les éliminer les uns après les autres, à coups de hache. C'est alors que se révèle un chasseur hors pair, menant une guerre secrète sans précédent, avant même de devenir l'illustre figure de la guerre de Sécession. (Allociné)

Surmontée d’une superbe bande originale signée Henri Jackman et Linkin Park, le film se déroule en 3 parties principales. La première, qui ne dure que 5 min, pose les bases d’une Amérique riche de l’esclavage dans laquelle le jeune Abraham (interprété par Benjamin Walker), sa famille et son meilleur ami William H. Johnson (Anthony Mackie) vivent. C’est au décès “inexplicable” de sa mère qu’on rencontre la première coupure du film.

Nous voilà désormais rendus plusieurs années plus tard quand Abraham, cherchant son courage, décide de venger sa mère. Il rencontre alors Henry Sturgess (Dominic Cooper) qui deviendra rapidement son sauveur, mentor et formateur dans sa chasse contre les vampires. Cette partie est la partie principale du film où l’on découvre l’évolution du Abe. De son arrivée à Springfield au lancement de sa carrière politique.

Seconde coupure et nous voilà en compagnie de l’image la plus célèbre de Lincoln. Barbe, cheveux ébouriffés, chapeau haut-de-forme. Le Président a depuis longtemps cessé de chasser, mais un événement inattendu va le remettre sur la route des vampires contrôlant « les états du sud ». En effet, dans ce film, la guerre entre les vivants et les morts est représentée par le conflit qui déchira les États-Unis en 2 camps distincts : la Guerre de Sécession.

Le film se termine quelques heures avant l'assassinat du président au théâtre Ford de Washington quand Abe remet à son « vieil ami Henry » son journal qui aurait inspiré Grahame-Smith pour l’écriture de son livre.

Ce que l’on retient

Plan de la hache d'Abraham LincolnAvec un accueil très mitigé de la part du public, le film à beaucoup de mal à atteindre le statut de blockbuster dont les rumeurs le qualifient quelque temps avant sa sortie (moins de 500 000 entrée en France). De plus, comme tout film se basant sur des faits réels ou historique, l’oeuvre reçoit de très mauvaises appréciation de la part des critiques (tout comme l’énorme carton Bohemian Rhapsody, sorti en 2018 par Bryan Singer et Dexter Fletcher). Jugé comme une simple réalisation marketing, « Lincoln fait vendre, les vampires font vendre. » (New York Times), et décrit comme « une sorte de Buffy en chapeau haut-de-forme » (New York Times), le film n’en reste pas moins très satisfaisant.

Le film est simple, un personnage connu de tous, une grosse part de mystère, du sang et de la violence, des vampires créés pour faire peur et une bande son qui déchire, c’est un vrai remède quand la semaine ne s’est pas bien passée.

Bien que certains passages de la vie du président ont été grandement modifiés, l’histoire reste logique et Timour Bekmambetov remplit amplement sa mission de mettre en images l’œuvre de Seth Grahame-Smith.

Pour ajouter à tout cela j'aimerai mettre en lumière Benjamin Walker, interprète du président, qui, bien qu'ayant une faible carrière cinématographique, incarne son rôle magnifiquement bien et fait de Lincoln un personnage attachant.

Le risque lorsque l'on réalise un film basé sur des événements historiques relativement lointain, est de créer accidentellement une barrière entre les spectateurs et l'écran. Cette barrière est totalement absente ici et le film, dans son intégralité, nous fait facilement et rapidement accrocher à ses personnages, son intrigue et ses péripéties sans lasser le spectateur.

Si je devais ne retenir qu’une seule chose de ce film, ce serait sa première réplique :

« L'histoire préfère les légendes aux hommes, elle préfère la noblesse à la brutalité, les discours enflammés aux actes silencieux. L'histoire se souvient de la bataille, mais elle oublie le sang répandu. Ce que l'histoire retiendra de moi, pour peu qu'elle retienne quelque chose, ne sera qu'une partie, une infirme partie de la vérité. ».

Sources : Wikipédia, Allociné, SensCritique, Springfeild.tv, Citation Célèbre, Literary Fictions, IMDb, SpaceBattles Forum, Slate, Film de Culte,

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