Kinolu

KINOLU : L'Étrange Noël de M. Jack

Où s'arrête la normalité et où débute l'anormal ?

Contextualisation

L'étrange Noël de M. Jack

Alors qu'il n'est encore qu'animateur chez Disney dans les années 1980, Tim Burton passe devant une boutique de jouet en train de changer ses jouets d'Halloween pour ceux de Noël. C'est ce mélange des 2 univers qui l'inspirera pour écrire un court poème à l'origine de l'une des plus belles réalisations de la fin du XXe siècle : L'Étrange Noël de M. Jack. Sorti en 1994, il est le 41e long-métrage d'animation des studios Disney. Ce film est l'une des plus importantes réalisations de sa catégorie et il faut lui rendre honneur dans sa technique presque novatrice quand on la compare à la longueur du film.

En effet, ce film a été réalisé en stop motion (image par image) avec des personnages en pâte à modeler et des décors en carton. Il aura fallu plus de 3 ans de travail rigoureux pour parvenir à ce résultat. Même si Tim Burton prend en charge la réalisation du film dès le départ, il doit malheureusement (ou bien heureusement) déléguer cette tâche à son ami Henri Selick pour aller réaliser Batman : Le défi qui sortira en 1992.

Né de son poème et de son agacement face aux codes du cinéma de l'époque, ce qui le mènera également à la réalisation d'Edward aux mains d'argent (sorti en 1990), Tim Burton réalise ici une splendide comédie musicale, relativement lugubre. En plus d'y mettre en scène les 3 personnages de son poème (Jack, Zero et Santa), Tim Burton, désormais co-scénariste, y intègre une multitude de personnage plus attachant les uns que les autres. En complément de ce film, Tim Burton lui joint son tout premier court métrage qu'il a réalisé en 1983. Ce court-métrage de quelques minutes s'intitule Vincent en hommage à Vincent Price, l'un des plus grands acteurs de film d'épouvante de l'époque.

Le film

Jack SkellingtonJack Skellington, roi des citrouilles et guide de Halloween-ville, s'ennuie : depuis des siècles, il en a assez de préparer la même fête de Halloween qui revient chaque année, et il rêve de changement. C'est alors qu'il a l'idée de s'emparer de la fête de Noël... (Allociné)

Dans le film L'Étrange Noël de M. Jack, ou The Nightmare Before Christmas en VO, se base sur la même trame principale que le poème éponyme. Jack, le héros, est un squelette vivant dans « la ville d'Halloween ». Mais, lassé de devoir procurer de la peur et de la crainte au gens, lassé de ce décor de pierre tombale, cherche un moyen de changer et de trouver une autre occupation. C'est alors qu'il découvre la ville de Noël et décide que c'est année, ce sera lui le Père Noël.

Endossant ce rôle, il transforme la ville d'Halloween en usine à jouets. Mais les jouets qui donnent le sourire dans la ville d'Halloween n'ont rien à voir avec les jouets que les enfants attendent et qui sont normalement fabriqué par les lutins. Lorsque Jack s'envole pour distribuer ses cadeaux, à bord de son cercueil volant tiré par des squelettes de rennes, il ne sème que la peur et tristesse autour de lui. Revenu dans sa ville natale, il ne comprend pas son erreur et Santa viendra à sa rescousse pour le ramener à la raison et prendra en charge de corriger l'erreur du squelette et ainsi « réparer Noël ».

Comme tous les long-métrages d'animation de chez Disney, ce film est ponctué de nombreuses chansons (12 au total) et je dois avouer que 2 de celles-ci m'ont particulièrement marquées. La première, Bienvenue à Halloween, est une chanson assez sombre et assez terrifiante pour un film cependant destiné aux enfants. La suivante, Que Vois-Je, m'a tout particulièrement touchée pour une simple raison : même sans avoir vu le film depuis plusieurs années, elle reste très facilement en tête et donne facilement le sourire tant par son rythme entrainant que par ses paroles nostalgiques (rien que d'écrire ces lignes, je me mets à la chanter).

Ce que l'on retient

PersonnagesTrès bien accueillie par les critiques, L'Étrange Noël de M. Jack joue des coudes et arrivent sans trop de problèmes à trouver sa place face à des concurrents de tailles cette année-là (Jurassic Park, de Steven Spielberg, pour ne citer que lui). Classé en 5e position des films de 1994 par les Cahiers du Cinéma, il fera s'élever son box-office à pas moins d'un million d'entrée en France. Le film sera aussi nominé dans de nombreuses cérémonies et aura droit à une remasterisation 3D en 2006. En plus de rendre le décor plus lisse grâce à l'ajout de cette nouvelle technologie, le long-métrage se dote de nouvelles voies pour les chansons. Et parmi elles, il faut compter plusieurs chanteurs de groupe de rock et de métal, notamment les chanteurs de Marylin Manson, Fallout Boy ou encore Ramstein.

Surfant sur cette vague de succès, l'univers de Jack s'étendra aussi aux jeux-vidéo et c'est avec grand plaisir qu'on le retrouve sur l'un des jeux auquel j'ai le plus joué sur Playstation 2 (je suis arrivé au bout du compteur de temps de jeu) : Kingdom Hearts 2, sorti en par Square Enix sur Playstation 2.

Ce film pose aussi des bases d'une approche psychologique de notre société. En effet, on voit ici Jack essayer de rendre les gens heureux avec ce qui lui parait être la normalité de la joie. Et cette normalité est en fait sa normalité, la normalité de son conditionnement et de son environnement. Jack voit ainsi ce qui n'est pas normal pour lui comme quelque chose d'anormal alors que cette "anormalité" est considérée comme normalité fondamentale pour d'autres personnages. C'est ainsi que je vous renvoie au titre de cet article.

Sources : Wikipédia, Allociné, Le Bleu du Miroir, Critikat, Les Inrockuptibles, Cinafilm, Tim Burton.net,

Ça pourrait vous intéresser