Kinolu

KINOLU : Les Visiteurs

« Messire ! Un Sarrasin ! »

Contextualisation

Affiche du film

C'est au cours d'un déménagement en 1990 que Jean-Marie Poiré retrouve une idée de court-métrage qu'il a eu en 1962 durant ses études. L'idée est simple : un chevalier noble et son écuyer sont envoyés dans le XXe siècle. C'est de cette idée que va naître l'une des plus belles réussites du cinéma français.

Sorti en 1993, Les Visiteurs est né de cette idée. Voulant revoir ses objectifs à la hausse, Jean-Marie Poiré décide d'en faire un long-métrage et y signe l'un des plus gros budgets du cinéma français de l'époque : 50 millions de francs (ce qui correspondrait, aujourd'hui, à 17 millions d'euros). Afin de pallier à ce budget plus que conséquent, le film se pare d'une flopée impressionnante de placement de produits (technique rare à cette époque). On y voit donc l'insertion de nombreuses marques : Lacoste, Harwood, Chanel, Email Diamant, Thonon, La Poste, Range Rover, Yop, Hermès, Courtepaille ou encore Renault.

Ces placements de produits trouvent rapidement de réels résultats puisque la Safrane de Renault enregistrera une hausse de sa notoriété de près de 74 % après la sortie du film.

À l'origine, le réalisateur voyait pour son personnage principal l'acteur Didier Pain, mais le producteur du film, Alain Terzian, lui conseille vivement de recruter le trio phare de L'Opération Corned-Beef avec qui le réalisateur a déjà travaillé : Jean Reno, Christian Clavier, qui deviendra co-scénariste du film, et Valérie Lemercier. Didier Pain obtiendra quand même un second rôle, car il incarnera le roi Louis VI « Le Gros ».

En plus de ces acteurs, Poiré décide de s'inclure lui-même au film en incarnant la voix off au début du film ainsi qu'un paysan dans les derniers plans.

Et que dire des plans ! Les Visiteurs surprend non seulement par son budget colossale à l'époque, mais aussi par son nombre de plans : plus de 2000 ! Ce nombre est d'autant plus surprenant quand on sait que la moyenne des films de l'époque se situe entre 500 et 700 plans.

Le film

Christian Clavier et Jean Reno Comment en l'an de grace 1112 le comte de Montmirail et son fidele ecuyer, Jacquouille la Fripouille, vont se retrouver propulses en l'an 1992 apres avoir bu une potion magique fabriquee par l'enchanteur Eusaebius leur permettant de se defaire d'un terrible sort... (Allociné)

Le synopsis du film est assez simple : en l'an 1122, le roi de France Louis VI, dit « Le Gros », déclare comte de Montmirail le chevalier Godefroy de Papincourt, interprété par Jean Reno, pour lui avoir sauvé la vie, et lui donne en mariage Frénégonde de Pouille, joué par Valérie Lemercier. 

Godefroy traverse alors la France pour retrouver sa promise. Sur son chemin, il surprend une messe hérétique et arrête une redoutable sorcière pour la juger et la brûler. Pour se venger, celle-ci lui jette un sort et lui fait confondre le duc de Pouille avec un ours. Godefroy tue alors le père de sa fiancée, empêchant ainsi son mariage et ruinant tous ses espoirs de descendance. 

Désespéré, il va trouver l'enchanteur Eusaebius qui lui propose un voyage dans le temps. À l'aide d'un breuvage et d'une formule, il peut, accompagné de son écuyer, Jacquouille la Fripouille (rôle le plus remarquable et remarqué de la carrière de Christian Clavier), retourner quelques instants avant l'incident fatal et dévier le tir de son arbalète. Mais Eusaebius se trompe dans sa formule et les deux compères se retrouvent en 1992.

Ils se retrouvent alors tous deux propulsés dans une époque et une société dont ils ignorent tout. Voiture, cosmétique, technologie et mœurs ne leur sont, en aucun cas, familiers. Les 2 aventuriers se retrouvent hébergés par la descendance de « Godefroy Amaury de Malfête, comte de Montmirail, d'Apremont et de Papincourt » et tente par tous les moyens de retrouver le descendant d'Eusaebius pour retourner dans leur époque.

Ce que l'on retient

Placement de produit pour ChanelNommé pour 9 Césars, le film n'en obtiendra qu'un : César de la meilleure actrice dans un second rôle pour Valérie Lemercier. Adulé par presque toutes les critiques, Les Visiteurs se classe 5e au classement des films français ayant produit le meilleur box-office. Et quel box-office ! Ce sont pas moins de 13 millions de personnes qui iront le voir dans les salles obscures françaises. Fort de ce succès, le film a droit à plusieurs doublages dans des langues étrangères et un sous-titrage pour les anglophones. En tout, ce sont près de 2 millions d'entrées supplémentaires qu'il faut ajouter.

Cependant, le film ne produit pas le résultat escompté sur le sol américain et le réalisateur décide alors, en accord avec des maisons de production américaine, de tourner un remake de son œuvre : Les Visiteurs en Amérique, qui sortira en 2001.

Bien qu'ayant eu un budget phénoménal, le film rentre parfaitement dans ses frais puisqu'il finira par engranger une recette de près de 350 millions de francs (75 millions d'euros). Ce qui est un score astronomique pour un film français à ette époque.

Surfant sur cette vague de succès, l'équipe se réunit pour tourner une trilogie, dont le prochain opus, Les Couloirs du temps : Les Visiteurs 2, sort en 1998.

Bien que le film reste dans l'opinion publique comme l'une des meilleures comédies du cinéma français, il faut noter quelques détails importants. Applaudi par Hollywood, car prenant le risque de mêler comédie, action et histoire, le film ne fait pas l'exception de ce genre de film et laisse entrevoir une dizaine d'anachronismes historique. 

Comme je le disais plus haut, le film est adulé par les critiques, mais il reste néanmoins victime des quelques détracteurs que l'on peut trouver pour n'importe quelle production. Parmi ces détracteurs, certains arguments reviennent souvent : "lourd", "lassant", "gros"... En effet, bien que l'humour omniprésent dans le film en fasse se tordre plus d'uns, le scénario et le script ont subi les méfaits du temps et il faut désormais regarder le film en prenant en compte le contexte et l'époque de sa réalisation pour en retirer tous les rires.

Avis plus personnel, j'ai vu ce film 1 seule fois en entier, et cet unique visionnage m'a suffit. Bien qu'il m'ait donné le sourire, je ne suis pas vraiment le public visé par le réalisateur et je suis trop exigeant envers le cinéma français pour applaudir comme il se doit ce monstre du cinéma qui mérite tout notre respect tant par sa technique que par son audace.

Sources : Wikipédia, Allociné, SensCritique, Jeuxvidéo.com, Première, GQ Magazine,

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