Kinolu

KINOLU : Lincoln

« Le gouvernement du peuple, par le peuple, et pour le peuple. »

Avant propos.
Je ne suis en rien un expert au sujet de la Guerre de Sécession, de l'abolition de l'esclavage, des clivages raciaux ni de la vie personnelle d'Abraham Lincoln. Les lignes que vous lirez plus bas ne sont que l'analyse purement cinématographique de l'œuvre. Je n'ai, ici, aucune intention de blesser les lecteurs. Le sujet traité par Steven Spielberg dans son film est un sujet encore très sensible aujourd'hui. Si vous remarquez une quelconque erreur, merci de m'en faire part rapidement en me contactant via le site.

Contextualisation

Affiche du filmÉtats-Unis, 12 Avril 1861. C'est le commencement de la guerre civile la plus connu au monde : la Guerre de Sécession. Cette guerre oppose les "états du Sud", esclavagistes : États de la Confédération, et les "états du Nord", abolitionnistes : États de l'Union. Ce sont plus de 700 000 Américains qui perdront la vie au combat dans l'espoir de voir leurs idéaux, et ceux de leurs dirigeants, à la tête de leur pays.

C'est ce contexte que Steven Spielberg tente de mettre en lumière dans son film Lincoln, sorti en 2013 (2012 aux États-Unis). En 1999, Spielberg rencontre Doris Kearns Goodwin, l'autrice d'une biographie d'Abraham Lincoln : Team of Rivals : The Political Genius of Abraham Lincoln. Fasciné par l'histoire de ce grand homme et par l'angle d'écriture de l'historienne, il décide d'en acheter les droits d'adaptation dès la sortie de l'œuvre en 2005. De nombreuses fois repoussés, notamment par le tournage de Les Aventures de Tintin : Le Secret de La Licorne, le projet voit finalement le jour 6 ans après l'achat des droits.

Tout d'abord proposé à Liam Neeson, devenu trop vieux lorsque le tournage débuta, le rôle éponyme sera finalement confié à Daniel Day Lewis. Quant au personnage de Mary Todd, l'épouse du président, il sera attribué à Sally Field, qui n'a pas cessé de tanner le réalisateur pour qu'il la choisisse, même si elle était trop vieille pour jouer la première dame. À force de pression, l'actrice obtiendra finalement un casting, avec la présence de Daniel Day Lewis venu exceptionnellement pour la soutenir, elle obtient le rôle devant un Steven Spielberg sans voix devant sa prestation.

Le film

Gloria Reuben, Sally Field & Daniel Day LewisLes derniers mois tumultueux du mandat du 16e président des États-Unis. Dans une nation déchirée par la guerre civile et secouée par le vent du changement, Abraham Lincoln met tout en œuvre pour résoudre le conflit, unifier le pays et abolir l'esclavage. Cet homme doté d'une détermination et d'un courage moral exceptionnels va devoir faire des choix qui bouleverseront le destin des générations à venir. (Première)

Le premier scénario du film est proposé en plus de 500 pages ! Bien qu'à contre cœur, Spielberg se voit dans l'obligation de refuser cette proposition et décide de centrer son film uniquement sur les derniers mois du mandat et de la vie d'Abraham Lincoln, à contrario du film Abraham Lincoln chasseur de vampires. Ces derniers mois seront marqués par la Guerre de Sécession et l'action la plus mémorable du second mandat de Lincoln : la signature du Treizième amendement de la Constitution des États-Unis. C'est cette signature et ses difficultés que Spielberg met ici en scène. 

Entre débats politiques, vie quotidienne, famille déchirée et pays en proie à des violences inouïe, Abraham Lincoln nous est ici présenté fidèlement au personnage historique que nous connaissons tous. De plus, ce film nous permet de découvrir le système politique américain de l'époque et de nous imprégner du contexte vraiment particulier de cet amendement.

À noter ici que le personnage de Mary Todd présenté sous nos yeux est la plus fidèle et la plus sincère adaptation de la première dame et de son état physique et psychologique de l'époque. En effet, souffrante d'une dépression vertigineuse après le décès de William Lincoln (troisième enfant du couple) en 1862. Sombrant peu à peu dans la folie en privée, elle reste tout de même une alliée de taille dans la vie politique. Mais ce n'est qu'une façade et, dès la porte de la chambre fermée, Mary se perd dans sa dépression et sa folie. Abraham se voit même obligé, à plusieurs reprises, de la menacer de la faire enfermer dans « une maison de fous ». Abraham subira aussi des menaces de son épouse, lui expliquant que s'il laissait son Robert Lincoln (leur premier enfant) partir à la guerre et qu'il y trouvait la mort, Abraham subirait le même sort.

Ce que l'on retient

Chambre des représentants des États-UnisLe succès qu'obtiendra le film est impressionnant ! Avec pas moins de 52 nominations dont 35 récompenses, Lincoln n'est pas loin d'entrer dans la liste des 200 films ayant remporté le plus de prix. En terme de box-office, le film se classe 41e des meilleurs box-offie de l'année en France, avec plus de 1.3 millions d'entrées. Aux États-Unis, le film reste 24 semaines dans les salles et dépasse les 180 millions de dollars de recette.

Au final, le film divise. Entre merveille de cinéma attribuée à un réalisateur de folie, oublie de nombreuses informations historiques, traitement de l'un des sujets les plus sensibles de la société américaine et biopic du président le plus apprécié de l'histoire de ce pays, il est difficile de trouver ou d'écrire une critique totalement objective et juste.

Pour mon cas, j'ai été impressionné par la manière dont Spielberg nous cloisonne dans le contexte de son histoire et de quelle façon le 16e président des États-Unis nous est présenté. Très fidèle à l'histoire, le réalisateur porte ici un message fort pour l'égalité et la liberté de tous les peuples, que ce soit hier, aujourd'hui, ou demain. Un jour, un ami m'a dit "le meilleur moyen pour découvrir, apprendre et faire aimer l'histoire, c'est le cinéma" et ce film en est le parfait exemple.

J'aimerais soulever aussi le fait que, en plus d'être réalisé par un homme aux talents incroyable, Lincoln est doublé d'une bande originale majestueusement créée orchestrée par l'un des plus grands compositeurs du cinéma : John Williams. Cet effort musicale permet de relever encore plus la qualité du travail effectuée dans le but de traiter un sujet plus que sensible.

Sources : Wikipédia, Allociné, Première, Critikat, Chronique Disney, Les cinémas aixois, SLANT Magazine, The New York Times,

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