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KINOLU : Astérix aux Jeux olympiques

La réussite d'un film dépend elle de son budget ?

Contexte

Affiche du film Astérix aux Jeux olympiquesAprès le succès phénoménal de Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre – sorti en 2002 par Alain Chabat –, Christian Clavier et la troupe du Splendid s’organisent pour la réalisation d’un 3e film sur les aventures du petit gaulois. Le projet Astérix en Hispanie voit donc le jour, mais s’arrêtera brutalement lorsque Albert Uderzo, dessinateur des bandes dessinées Astérix et Obélix, ne le refuse catégoriquement. La troupe du Splendid laisse donc de côté le projet Astérix en Hispanie, pourtant soutenu par le producteur des 2 précédents films, et s’affaire à la réalisation de Les Bronzés 3 : Amis pour la vie, sorti en 2006 par Patrice Leconte.

Ce n’est qu’en 2005 qu’un nouveau projet Astérix en live-action se concrétise. Avec Albert Uderzo et Thomas Langmann (fils de Claude Berri) en tant que producteurs. Le film sera réalisé par Frédéric Forestier et Thomas Langmann et reprendra l’histoire du 12e tome des aventures de Astérix : Astérix aux Jeux olympiques. Prévu pour sortir à la fin de l’année 2007, le film sortira finalement le 30 Janvier 2008, c‘est à dire 8 ans jour pour jour après Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre.

Au programme : un budget faramineux et une brochette d’acteurs de renoms et de personnalités sans précédent. Avec un budget total de près de 75 millions d’euros, ce film se classe, à sa sortie, à la deuxième marche du podium des films français les plus chers (juste derrière Le Cinquième Élément, sorti en 1997 par Luc Besson, à quelques centaines de milliers d’euros près*). 
Pour la distribution, Frédéric Leconte et Gérard Depardieu – ayant signé son contrat pour le rôle d’Obélix directement avec Uderzo, bien avant la concrétisation du projet – s’entourent de José Garcia (Astérix), Alain Delon (Jules César), Alexandre Astier (Tullius Mordicus), Benoît Poelvoorde (Brutus) ou encore Adriana Karembeu (Mme Agecanonix). 
Et comme si ce n’était pas assez, le film se pare de toute une série de personnalités. On retrouve parmi eux Michael Schumacher (Schumix), Jean Todt, Zinédine Zidane (Numérodis), Tony Parker (Tonus Parker) et Amélie Mauresmo (Amélix).

Enfin, il est ici intéressant de noter deux points. 
Tout d’abord, une personnalité supplémentaire était originellement prévue à la distribution : Jean Claude Vandam. Mais il sera plus tard remplacé par Jérôme Le Banner (Claudius Cornedurus). 
Ensuite, ce film sera le dernier de Jean Pierre Cassel (Panoramix) qui décédera avant la sortie du film.

Le film 

Décor du tournagePour remporter les Jeux Olympiques et permettre au jeune Alafolix d'épouser la Princesse Irina, Astérix et Obélix devront affronter le machiavélique Brutus, fils de César, au cours d'une Olympiade. (Allociné)

Tourné en quasi-totalité dans les nouveaux studios d'Alicante, “La Ciudad de la luz”, le film alloue près de la moitié de son budget à la réalisation des décors. L’équipe fait alors appel à Aline Bonetto, chef décoratrice et directrice artistique de renom (2 césars et plusieurs nominations aux oscars). C'est dans les studios espagnols de plus de 11 000 m² que seront construits les plus vastes décors jamais construits pour un film français. À titre d’exemple, 150 travailleurs participent à la construction de la piste du stade olympique mesurant plus de 265 m de long.

En termes d’habillage, c'est près d’un millier de costumes qui sont conçus, dont pas moins de 10 robes pour Vanessa Hessler, qui incarne la princesse Irina, et autant pour Alain Delon. Ce sont également des centaines de perruques, de moustaches, de barbes ou encore de nattes qui seront fabriquées pour plus de 800 figurants.

Fidèle à son époque et à l’axe principal des aventures de nos deux Gaulois, à savoir le règne de la Rome antique sous Jules César, les jeux se terminent en apothéose avec une course de chars à échelle 1. Cette course n’est pas sans rappeler celles de Ben-Hur, réalisés en 1959 par William Wyler et en 2016 par Timur Bekmambetov. Pour la réaliser et gérer les nombreuses cascades et près de 60 chevaux, Langmann et Forestier prennent la décision de s’entourer d’un expert. Ce spécialiste répond au nom de Ricardo Cruz, et il a notamment travaillé sur Le Dernier samouraï, sorti en 2003 par Edward Zwick.

C’est notamment dans cette scène que l’on peut voir à l’écran Michael Schumacher et Jean Todt, au pilotage d’un char d’un rouge étincelant rappelant bien évidemment les voitures de courses Ferrari. Ces deux personnalités concourent sous le sigle ICM, pour Institut du Cerveau et de la Moelle épinière dont Todt est l’un des fondateurs. En effet, l’intégralité de sportifs cités plus haut participe au film au profit d'organisations caritatives.

Ce que l’on retient 

Michael Bully Herbig, Benoît Poelvoorde et Alexandre Astier11 millions d’entrées en France et 12 millions d’entrées à l’étranger. Voilà les chiffres annoncés par Frédéric Forestier pour que le film soit rentable sur ses 75 millions d’euros de budget. Ce seront en réalités 6,8 millions d’entrées et 9,4 millions d'entrées qui seront réalisés respectivement en France et à l’étranger.

Malgré cet échec en termes de recette, le film se classe tout de même en deuxième position des meilleurs box-offices en France cette année-là. Très loin derrière Bienvenue chez les Ch’tis, réalisé par Dany Boon – avec plus de 20 millions d’entrées –, cette nouvelle aventure de Astérix sera loin d’atteindre la renommée de ses prédécesseurs. Avec une très belle qualité visuelle et une réalisation sans tâches, on reproche cependant au film de s’asseoir sur son budget en oubliant ce qui fait le cœur des aventures et Obélix : des références et une réalisation franco-française dans un univers fixé et simple. Ces différents points n'offrent au film que des critiques mauvaises à très mauvaises et le classent dans le top 100 des pires films de l'histoire (selon Allociné).

Ne se défilant pas, Thomas Langmann garde espoir et réfléchit dès la sortie du film à une autre adaptation des bandes dessinées par Albert Uderzo. Malheureusement, il finira par perdre ses droits d’adaptations au profit de Marc Missonnier et Olivier Delbosc qui produiront Astérix et Obélix : Au service de Sa Majesté en 2012, avec Laurent Tirard aux commandes. 


* Films français en langues anglaises réalisés par Luc Besson avec des équipes et une distribution anglophones, Le Cinquième Élément et Valérian et la Cité des mille planètes ne sont pas toujours présents dans ce classement, ce qui fait de Astérix aux Jeux olympiques le film français le plus de l’histoire.
 

Sources : Wikipédia, Allociné, IMDb, Télé 7 Jours, Première, Astérix, Télé Z, pixelcreation.fr,

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